L’Amérique Latine, un terrain d’action grandissant pour la Chine

18/11/2008
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Le président Hu Jintao entame lundi au Costa Rica une tournée latino-américaine illustrant la montée de l’intérêt de Pékin pour la région, et qui le conduira aussi à Cuba et au Pérou.

La Chine a accru sa présence diplomatique et ses investissements ces dernières années en Amérique latine, dont elle ne dédaigne pas les ressources naturelles et ses marchés en développement, et qui elle-même espère un afflux de financements.

Les exportations chinoises vers l’Amérique latine ont progressé de 52% sur les 9 premiers mois de 2008, à 111,5 milliards de dollars, selon l’agence officielle Xinhua.

Pékin achète du soja d’Argentine et du Brésil, qui lui vend aussi du fer, du cuivre du Chili, de l’étain de Bolivie, et du pétrole du Venezuela. Un petit pourcentage du total des exportations latino-américaines, mais en hausse.

Le président chinois passera par San José et La Havane avant de participer au sommet financier du G-20, samedi à Washington, et à celui du Forum de coopération économique Asie-Pacifique au Pérou le 22 novembre.

Avec Cuba, la Chine entretient des relations d’amitié sans faille depuis des dizaines d’années. Le président Hu Jintao s’y est déjà rendu en visite il y a quatre ans pour des accords bilatéraux, et Pékin a été en 2007 le deuxième partenaire commercial de La Havane, après le Venezuela.

La visite du président chinois à La Havane est d’autant plus significative que Cuba, qui vient d’adhérer au Groupe de Rio, s’intègre de plus en plus à la communauté régionale et à son dialogue avec la communauté internationale.

Au Costa Rica, ce sera la première visite chinoise au plus au niveau au premier pays latino-américain qui ait rompu avec Taïwan pour nouer des relations diplomatiques avec Pékin, en juin 2007.

Au plan mondial, Taïwan n’a plus que 23 pays interlocuteurs, contre 171 pour Pékin.

“La visite de Hu Jintao est plus que symbolique, car elle marque clairement que San José n’est plus un fief taïwanais”, estime l’expert costaricien Luis Guillermo Solis.

On a pu reprocher aussi bien à Taïwan qu’à Pékin de mener une “diplomatie du dollar” pour se faire des alliés. Mais il est difficile de rivaliser avec la puissance économique chinoise, en particulier en ces temps difficiles.

On en est plutôt à se demander dans la région si d’autres pays voisins ne vont pas suivre l’exemple du Costa Rica, où Pékin, fort de ses énormes réserves de devises, a proposé d’acheter 300 millions de dollars de bons du Trésor.

Le Costa Rica, important exportateur de composants informatiques, prépare maintenant la signature d’un accord de libre échange avec la Chine.

Ces dernières années, Pékin a multiplié ses visites “économiques” dans la région, signant notamment des accords d’investissement et d’exploitation avec des pays producteurs de pétrole comme le Venezuela, le Mexique, le Brésil, l’Argentine, l’Equateur et la Colombie.

“Le fait est que, dans le passé, nombre de pays ont fermé la porte de leurs accords énergétiques à la Chine”, souligne M. Brown, et “elle va entrer de plus en plus dans ces domaines”, selon lui.

Pékin a progressé aussi dans ceux de l’aide économique et de l’investissement direct, où il lui est parfois arriver de supplanter Washington, le voisin et principal partenaire commercial de la région.

L’enseignement du chinois à l’école et à l’université, les bourses d’études en Chine, comme le prévoit l’accord avec San José, sont un “plus” à cette offensive de charme.

Et, même si les économies latino-américaines sont mieux armées que dans le passé pour affronter la crise mondiale actuelle, un partenaire du calibre de la Chine est moins que jamais à dédaigner.

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